Le souffle d’Éole

Origine du projet de sculpture :

1996 marque le 50ième anniversaire de la grève de la Montréal Cottons qui a marqué l’histoire de la région et du Québec. À cette occasion, Coton 46 a organisé une soirée commémorative au centre municipal des congrès où plus de 400 personnes s’étaient rassemblées. C’est à ce moment-là qu’a été lancée l’idée d’ériger un monument.

La Chambre de Commerce et la ville de Salaberry-de-Valleyfiel se sont associées dans la réalisation d’un vaste projet touristique intitulé « L’ARCHIPEL DES TISSERANDS » mettant en valeur le patrimoine historique de la région. On voulait ainsi souligner que Salaberry-de-Valleyfield a été fondée avec l’établissement de la Montréal Cottons et que les 4000 ouvrières et ouvriers qui y travaillaient ont été les véritables bâtisseurs de la ville.

Le projet d’ériger une sculpture monumentale en hommage à ceux et celles qui y ont travaillé cadrant parfaitement avec leur programme de développement touristique, la Chambre de Commerce et la ville de Salaberry-de-Valleyfield l’ont intégré à leur plan.

 

Concept du monument sculpture « Le souffle d’Éole »

Par son caractère narratif et figuratif, l’œuvre d’art affirme avec éloquence la valeur des gestes posés par Trefflé Leduc, Léa Duval, Madeleine Parent et Kent Rowley. L’histoire de leur action nous convie à nous inspirer des qualités et de l’idéal de ces personnages qui ont marqué le destin des travailleuses et des travailleurs de Valleyfield.

Le projet consistait à extraire le message de courage et de fierté qu’ils nous donnent et à le transmettre aux générations à venir. Il consiste en une représentation de trois personnages, un homme, une femme et un jeune représentant le fait que des familles entières de Valleyfield y travaillaient.

Drapés de tissus qu’ils fabriquaient à l’usine, ces personnages ont réussi à prendre leur envol, à passer par-dessus les difficultés qu’ils rencontraient pour gagner leur dignité et affirmer leur fierté. Situés sur le terre-plein en face de l’entrée de l’Hôtel Salaberry (ancienne entrée de l’usine), les personnages prennent leur envol dans les grands vents dominants du Suroît.

Les matières premières utilisées sont l’acier inoxydable et l’aluminium anodisé. Trois plaques d’interprétation complètent l’ensemble :

a) l’une appelant la jeunesse à se souvenir de celles et ceux qui ont lutté dans des conditions difficiles pour améliorer les conditions de vie et de travail;

b) l’autre reprenant un extrait de l’éloge funèbre prononcé par Kent Rowley au décès de Trefflé Leduc qui était le président du syndicat;

c) la dernière reprenant un témoignage de Madeleine Parent au sujet de Léa Duval, mère de trois grévistes qui a joué un rôle majeur dans l’organisation du soutien à la grève.

La conception et la réalisation de la maquette et de l’œuvre ont été confiées à une équipe de deux artistes de la région dont la réputation n’est plus à faire : Denis Poirier et Reynald Piché.